Héron cendré
Si nous avons vu précédemment le plus petit passereau d’Europe : Le roitelet huppé.
Aujourd’hui, je vous présente le plus grand représentant de la famille des ardéidés en Europe : le héron cendré.
Les ardéidés sont des oiseaux qui possèdent un long cou, longues pattes et long bec.
Les ardéidés (héron cendré, aigrette, bihoreau) fréquentent les milieux humides, les prairies, les fossés.
Il se nourrit principalement de poissons, amphibiens et crustacés.

Le héron cendré dispose d’un regard perçant grâce à sa vision latérale et frontale.
Patient, discret, il peut rester longtemps immobile dans les marais peu profonds pour chasser sa proie.
Le héron cendré est un redoutable pêcheur.
Considéré comme un grand concurrent des pêcheurs et des pisciculteurs, il a été fortement chassé de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle.
Aux actions de la chasse se sont accompagnées la destruction de son habitat liée à la destruction des zones humides provoquant une forte chute des effectifs proche de la disparition.
En 1968, l’espèce fut retirée de la liste des nuisibles.
En 1974, on ne comptait plus que 3000 à 4500 couples de Hérons cendrés (Ardea cinerea) dans
toute la France métropolitaine.
C’est en 1975 que l’espèce fut protégée au niveau national

dans les milieux aquatiques d’eau douce à saumâtre
Le Héron – Jean de Lafontaine
Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où
Le héron au long bec emmanché d’un long cou :
Il côtoyait une rivière.
L’onde était transparente ainsi qu’aux plus beaux jours ;
Ma commère la carpe y faisait mille tours
Avec le brochet son compère.
Le héron en eût fait aisément son profit :
Tous approchaient du bord ; l’oiseau n’avait qu’à prendre.
Mais il crut mieux faire d’attendre
Qu’il eût un peu plus d’appétit :
Il vivait de régime, et mangeait à ses heures.
Après quelques moments l’appétit vint : l’oiseau,
S’approchant du bord, vit sur l’eau
Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas, il s’attendait à mieux,
Et montrait un goût dédaigneux
Comme le rat du bon Horace.
Moi, des tanches ! dit-il ; moi, héron, que je fasse
Une si pauvre chère ! Et pour qui me prend-on ?
La tanche rebutée, il trouva du goujon.
Du goujon ! c’est bien là le dîner d’un héron !
J’ouvrirais pour si peu le bec ! aux dieux ne plaise !
Il l’ouvrit pour bien moins : tout alla de façon
Qu’il ne vit plus aucun poisson.
La faim le prit : il fut tout heureux et tout aise
De rencontrer un limaçon.
Ne soyons pas si difficiles :
Les plus accommodants, ce sont les plus habiles ;
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Gardez-vous de rien dédaigner,
Surtout quand vous avez à peu près votre compte.
Bien des gens y sont pris. Ce n’est pas aux hérons
Que je parle : écoutez, humains, un autre conte :
Vous verrez que chez vous j’ai puisé ces leçons.
Jean de La Fontaine, Fables, Bernardin-Bechet, 1874




très belles photos de mon oiseau préféré… parmi tant d’autres !
Merci Pat d’être venue. Le héron a un regard vif avec de beaux yeux jaune.
Très belles photos et commentaires instructifs. Par ailleurs j’ai beaucoup apprécié de relire la fable de La Fontaine dont je ne me souvenais plus !!! C’est bien de nous rappeler des vérités que l’on oublie bien souvent…
Merci Denise. Moi aussi, j’avais oublié la fable dans son intégralité. Elle est criante de vérité. A bientôt.