Les oiseaux du Mercantour : L’accenteur alpin, le rouge-queue noir et le traquet motteux.
L’accenteur alpin, le rouge-queue noir et le traquet motteux ont la particularité d’être tous les trois des oiseaux typiques des milieux montagnards
– Tous trois fréquentent les zones rocheuses, éboulis, pelouses alpines ou alpages.
– Ils sont adaptés aux conditions rudes : froid, vent, faible végétation.
– Leur régime alimentaire est dominé par les insectes. Ils chassent au sol ou depuis un perchoir.
Leur comportement territorial est très marqué : Le Rouge-queue noir et le Traquet motteux sont très territoriaux tandis que l’Accenteur alpin l’est moins, mais défend aussi une zone en période de reproduction.
L’Accenteur alpin (Prunella collaris)

L’accenteur alpin (Prunella collaris) est une espèce sentinelle des milieux d’altitude.
Indicateur de la santé des milieux alpins.
Il témoigne :
– de la persistance d’une faune d’invertébrés en altitude,
– de l’importance des micro‑habitats rocheux,
– de la capacité d’adaptation des passereaux montagnards


Rouge-queue noir ((Phoenicurus ochruros)


Le Rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros) est originaire des milieux rocheux et montagnards.
Cet habitant des falaises, gorges, ravins et pierriers de montagne a commencé à coloniser les plaines qu’à partir du milieu du XIXe siècle.
Dans le Mercantour, nous l’avons rencontré à plus de 1600 m d’altitude posté sur des boules de granit ou dans les mélèzes. La spécificité de cet oiseau est de pouvoir l’observer vers 4000 mètres d’altitude dans certaines chaînes de montagne.
– Dans les Alpes, le Mercantour ou les Pyrénées, on le voit souvent entre 1500 et 2500 m, parfois 3000 m.
Mais dans d’autres chaînes montagneuses du monde, il atteint des altitudes extrêmes :
– Alpes suisses et autrichiennes : observations régulières entre 3500 et 3800 m.
– Alpes italiennes : présence confirmée jusqu’à 4000 m (massifs du Mont Rose, Le Cervin).
– Himalaya occidental : l’espèce est observée au-delà de 4500 m, notamment sur les pentes du Ladakh.
– Caucase : altitude courante 3000–3800 m.
Ce qui en fait l’un des passereaux les plus tolérants au froid et à la raréfaction de l’oxygène.
La question qui se pose : comment peux t-il vivre et survivre à très haute altitude ?
Essentiellement insectivore, le Rouge-queue noir capture ses proies au sol ou en vol .
Il est capable de trouver en haute montagne :
– des insectes volant près des parois chauffées par le soleil,
– des petits arthropodes dans les éboulis,
– des larves et invertébrés dans les zones de sol nu,
– des araignées et autres arthropodes dans les fissures rocheuses.
Les milieux rocheux d’altitude, bien que pauvres, produisent des insectes thermophiles dès que le soleil chauffe les pierres.
Sa présence à plus de 4000 m est souvent temporaire (surtout en période de reproduction) ou limitée aux expositions sud/sud-est très ensoleillées. Au-delà d’une certaine altitude (souvent vers 4500-5000 m selon les régions comme l’Himalaya ou les Andes), la biomasse d’insectes devenant insuffisante pour nourrir des oisillons exigeants en protéines, il est amené à redescendre pour trouver plus de nourriture.
Il a une préférence particulière pour les milieux rupestres . Il est physiologiquement adapté au froid et à l’air raréfié, Il distingue aisément les insectes sur des substrats nus, dépourvus de végétation.

Traquet motteux (Oenanthe oenanthe)

L’accenteur Alpin et le rouge-queue noir sont de vrais montagnards.
Le traquet motteux, surnommé « le migrateur des alpages », quitte l’Europe lors des périodes froides.
Ce grand migrateur peux parcourir de très longues distances : il traverse la Méditerranée, puis le Sahara,
pour passer la mauvaise saison en Afrique subsaharienne (Sahel, Éthiopie, Kenya, Tanzanie…).
C’est un migrateur transsaharien, ce qui en fait l’un des passereaux montagnards les plus voyageurs. Il revient en Europe au printemps, précisément pour profiter des alpages et des pelouses alpines riches en insectes.
Le Traquet motteux est un chasseur au sol correspondant à la topographie des alpages.
Son mode de chasse est très particulier :
– il se perche sur une pierre,
– il scrute le sol,
– il descend pour capturer un insecte,
– puis remonte sur un perchoir bas.

Photo de cascade :
Comparaison : vue réelle vs négatif couleur .

