Hé oui , je sais bien qu’il fait froid,
Que le ciel est tout de travers ;
Je sais que ni la primevère
Ni l’agneau ne sont encore là .

La terre tourne ; il reviendra ,
Le printemps , sur son cheval vert .
Que ferait le bois sans pivert ,
Le petit jardin sans lilas ?

Oui , tout passe , même l’hiver ,
Je le sais par mon petit doigt
Que je garde toujours en l’air …

(Maurice Carême, En sourdine, 1964)